Comprendre ce qu’est le triangle d’exposition

Le triangle d’exposition est un ensemble de paramètres agissant sur l’exposition des photos mais aussi sur le côté artistique. En avant pour ce second cours photo !

1 – La vitesse d’obturation


Commençons par le plus simple, la vitesse d’obturation ! La vitesse va de 30 secondes à 1/4000s, c’est à dire 0,00025 secondes… Ca va vite, mais il y a pire. En effet les appareils professionnels montent à 1/8000s, 0,000125 seconde… Et je ne vous parle ici que des obturateurs mécaniques… certains appareils dit “hybrides” montent à 1/32.000s…

Vous vous en doutez, plus la vitesse est rapide, plus votre image sera sombre et inversement plus la vitesse sera lente et plus l’image sera clair. Pour comprendre pourquoi cela agit sur l’exposition de l’image, il faut comprendre ce qu’est un obturateur. Il s’agit d’un rideau qui s’ouvre et se ferme pour laisser apparaître le capteur de votre appareil. Plus le rideau est ouvert longtemps (donc plus la vitesse est lente) plus le capteur reçois de lumière, à l’inverse, moins le rideau est ouvert longtemp (donc plus la vitesse est rapide) moins le capteur reçois de lumière.

A tester


Pour expérimenté cela, prenez un saladier, mettez le sous le robinet et ouvrez l’eau à fond pendant 3 secondes. Regardez le niveau de l’eau, videz le saladier et recommencer en ouvrant l’eau que pendant 1 seconde. C’est exactement pareil pour l’appareil photo.

Il faut savoir également que la vitesse impact sur l’esthétique de la photo. Plus la vitesse sera élevé (rapide) plus vos sujets seront comme gelés, figés. A l’inverse, plus la vitesse est faible (lente) plus vos sujet sont flou. Selon votre choix artistique, vous favoriserez une vitesse lente ou une vitesse rapide.

Ce réglage est modifiable manuellement grâce aux modes “TV” (ou “S”) et “M”.

2 – l’ouverture


L’ouverture est un peu plus difficile à assimilé. Tout se passe dans l’objectif photo. L’ouverture dépend de l’objectif, certains objectifs peuvent ouvrir plus que d’autres. Ca peut aller de f/1.8 à f/22, mais certains objectifs ouvrent plus. Un certain 50mm de chez Canon monte à f/1.2 par exemple.

Plus le chiffre “f/” est petit (f/1.2) plus l’ouverture est grande… Ce n’est pas logique vous allez me dire, mais si, ça l’est, on voit cela dans le paragraphe suivant. Plus le chiffre “f/” est grand (f/32) plus l’ouverture est petite.

Pour comprendre pourquoi l’ouverture est plus grande avec un petit chiffre, il faut faire un petit calcul très simple :

“F” divisé par le chiffre. Exemple “F” divisé par 1.8. Le “f” correspond à la taille de votre objectif (par exemple un 50mm). On fera donc 50 / 1.8 = 27,77. On a donc une ouverture de 27,77mm de diamètre. Maintenant si on remplace “1.8” par “22” on obtient 2,27. Donc on a une ouverture de 2,27mm de diamètre. Vous comprenez maintenant pourquoi l’ouverture est plus petite avec un grand chiffre et inversement.

Passons maintenant à ses effets sur l’exposition. Plus l’ouverture est grande (f/1.4) plus l’image sera clair. Moins l’ouverture est grande (f/22) moins l’image sera clair.

A tester


Pour comprendre pourquoi cela impact sur l’exposition, il faut comprendre ce qu’est l’ouverture. Il s’agit d’un mécanisme dans l’objectif qui réduit le passage de la lumière à travers l’objectif en fonction du chiffre “f/”. On appelle ce mécanisme le “diaphragme”.

Pour expérimenté cela, reprenons notre saladier et notre robinet. Ouvrez le robinet à fond pendant 3 secondes, regardez le niveau de l’eau. Videz le saladier et recommencer en ouvrant le peu robinet, toujours pendant 3 secondes. Vien évidemment, ce paramètre agit aussi sur l’esthétique de la photo. Plus l’ouverture sera grande (f/1.4) et moins la “zone de netteté” sera grande… On va faire simple pour l’instant, c’est une zone dans laquel les éléments composant votre photo seront nets, promis un article lui sera consacré prochainement. Donc plus la “zone de netteté” est petite, moins d’éléments distants l’un de l’autre seront nets. Inversement, plus l’ouverture est grande (f/22) plus la “zone de netteté” sera grande.

Avoir une zone de netteté courte permet de flouter le fond, il s’agit d’une technique généralement utilisé en portrait car le fond est souvent moins important que le sujet, cela permet également de mettre le visage du sujet en valeur.

Ce paramètre est modifiable manuellement en modes “AV” (ou “A”) et “M”.

3 – La sensibilité ISO


Ce dernier paramètre est simple à comprendre mais vous verrez aussi qu’il s’agit du paramètre qui influe le moins sur l’esthétique de la photo… Du moins pas dans le bon sens.

La sensibilité ISO défini à quel point votre capteur est sensible à la lumière, plus ce paramètre est élevé et plus la lumière qu’il reçoit est multiplié numériquement, c’est à dire que c’est l’appareil qui va, via un calcul interne, amplifier la lumière.

De base, la plupart des appareils proposent comme valeur ISO par défaut le chiffre 100. Certains appareils comme les Nikons proposent du 200ISO.

Il est possible sur certains appareils d’étendre la “Plage ISO” de l’appareil, par exemple le Canon Eos 6D propose comme valeur de base 100-25600ISO, mais il est possible de l’étendre à 50-102400ISO via les réglages de l’appareil.

On va parler des valeurs “entières” de ce paramètre, il existe en effet des valeurs intermédiaires mais celles-ci ne nous intéressent pas pour le moment. La logique des valeurs ISO veut que la valeur suivante est le double de l’actuelle… d’accord c’est pas clair, alors voici comment faire plus simple : 100, 200, 400, 800, 1600, …

Comme vous le voyez, chaque valeur est le double de celle qui la précède, ainsi après le 1600iso nous aurons du 3200iso. C’est le même principe avec son effet, 200ISO sera 2x plus sensible que 100iso, 400iso sera 2x plus sensible que 200ISO et donc… 4x plus sensible que 100iso.

C’est donc assez simple à comprendre, 1600iso rendra le capteur 16x plus sensible qu’à 100iso et à 102400iso le capteur est 1024x plus sensible !!!

Plus le paramètre ISO sera élevé et plus l’image sera clair, à l’inverse moins il sera élevé et moins l’image sera clair.

A tester


Reprenez votre saladier et votre robinet, ouvrez l’eau à fond jusqu’à remplir le saladier, un certain temps se sera écoulé, recommencer avec un simple verre d’eau maintenant, ça va plus vite. Vous ne voyez pas le rapport avec le paramètre ISO ? Il est pourtant simple, le saladier correspond à 100iso, et le verre à 3200iso, l’eau étant la lumière, il faut moins de lumière pour obtenir une image suffisamment éclairer avec le verre qu’avec le saladier.

Mais cela a des conséquences négatives sur l’esthétique de votre photo. En effet monter le paramètre ISO créera ce que l’on appelle du “bruit numérique”, il s’agit d’un parasite qui se décline sous deux formes : un moutonnement de pixels blanc sur votre image et une coloration plutôt “degueulasse” avouons le.

Ce paramètre est modifiable manuellement via les modes “P”, AV” (ou “A”), “TV” (ou “S”) et “M”.

Conclusion


Ces trois paramètres sont liés ensembles, si vous modifié l’un d’entre eux, vous devrez en modifier au moins un autre pour obtenir une image correctement exposé. Par exemple si votre photo est correctement exposé avec 1 secondes d’obturation, une ouverture à f/2.8 et 100iso, vous obtiendrez la même exposition avec 1/2 seconde, f/2.8 et 200ISO, ou 1/2 seconde, f/1.4 et 100iso…

Bien évidemment ce ne sont pas les seules possibilités. Nous verrons ensemble plus en detail les modes “AV” et “TV” dans les prochains articles.

Vous pouvez d’ors et déjà vous amuser à photographier en observant les paramètres choisis par votre appareil (en “tout auto”) et observer l’effet de tel ou tel réglage sur votre photo.

Bonne photo à tous !

One Reply to “Comprendre ce qu’est le triangle d’exposition”